European Accessibility Act (EAA) : ce que ça change concrètement pour ton site WordPress – et quoi faire dès maintenant
L’European Accessibility Act (EAA) est désormais applicable. Depuis le 28 juin 2025, les entreprises qui proposent des produits ou services aux consommateurs de l’Union européenne doivent s’assurer que leurs sites web et services numériques sont accessibles.
Pour l’écosystème WordPress (sites vitrines, e-commerce, agences, freelances, éditeurs de thèmes et de plugins), c’est un vrai changement de régime : on ne parle plus d’une échéance lointaine, mais d’une exigence opérationnelle, avec des mécanismes de contrôle et des sanctions possibles. Si ton site propose quoi que ce soit à des utilisateurs dans l’UE, la question n’est plus si tu dois t’aligner, mais comment tu t’y prends, dès maintenant.
Dans cet article, je te propose une lecture “terrain” : le calendrier et ses périodes de transition, la logique d’application (comment les non-conformités remontent), les risques, puis 5 étapes concrètes pour faire progresser un site WordPress vers l’accessibilité.
Comprendre le calendrier EAA (et la notion de “période de transition”)
Le point clé : l’EAA n’est pas un interrupteur on/off identique pour tout le monde. Le texte prévoit une approche progressive, avec des règles différentes selon que ton service est nouveau ou déjà existant au 28 juin 2025.
Nouveaux produits et services : conformité immédiate dès la mise en ligne
Tout nouveau produit ou service lancé après le 28 juin 2025 doit être accessible dès son lancement. Il n’y a pas de période de tolérance pour ce qui sort “après”.
- Tu lances un nouveau site e-commerce en octobre ? Il doit respecter les exigences d’accessibilité immédiatement.
- Tu publies un nouveau plugin en novembre ? Il doit être accessible “out of the box” (fonctionnel et utilisable pour tous dès l’installation).
Le changement culturel est majeur : l’accessibilité doit être intégrée à la planification, au design et au développement, au lieu d’être traitée en correction tardive. Côté WordPress, ça revient à mettre l’accessibilité au même niveau que la sécurité ou le responsive.
Services existants : une fenêtre de transition jusqu’au 28 juin 2030 (mais pas un blanc-seing)
Pour les services qui existaient avant le 28 juin 2025, une période de transition est prévue : ces services doivent devenir pleinement conformes au plus tard le 28 juin 2030.
Attention au vocabulaire : parler de “période de grâce” est trompeur. L’idée n’est pas de tout reporter, mais d’avancer de manière régulière et documentée.
- Attendre te met en difficulté. Un site accessible touche plus d’utilisateurs, peut mieux performer en SEO, et renforce la confiance. Reporter, c’est aussi repousser des bénéfices concrets pendant des années.
- Une plainte peut déclencher une action avant 2030. Si un utilisateur en situation de handicap dépose une plainte en 2026, les autorités ne vont pas “attendre 2030”. Elles peuvent enquêter et s’attendre à voir un plan clair + des améliorations en cours. Disposer d’une feuille de route, de preuves de progrès et d’une démarche de bonne foi est un élément de défense important. Ne rien faire t’expose.
- Des mises à jour majeures peuvent “réinitialiser” l’exigence. La transition peut ne plus s’appliquer en cas de “modifications substantielles” du service. C’est parfois une zone grise, mais une refonte complète, une grosse évolution de la plateforme e-commerce, ou un changement important de fonctionnalité peut être interprété comme la création d’un “nouveau” service. Dans ce cas, la conformité peut être attendue immédiatement, pas en 2030.
À retenir
Le 28 juin 2030 est une date limite maximale, pas une date de départ. La logique attendue est une progression continue et de bonne foi dès maintenant.
Que se passe-t-il si ton site n’est pas conforme ? (mécanique d’application)
Ignorer l’EAA peut avoir des conséquences réelles. L’application varie selon les États membres, mais le schéma est généralement comparable : ce n’est pas une “police de l’accessibilité” qui débarque, c’est plutôt un système structuré, souvent déclenché par les consommateurs, pour pousser à la conformité.
Comment une non-conformité est repérée
Deux chemins principaux peuvent amener ton site sous les radars :
- Plaintes de consommateurs. C’est le déclencheur le plus fréquent : un utilisateur en situation de handicap n’arrive pas à acheter, utiliser un service, ou accéder à une info. L’EAA lui donne un cadre légal pour déposer une plainte auprès de l’autorité nationale compétente.
- Surveillance de marché (audits proactifs). Les régulateurs peuvent aussi mener des contrôles, surtout dans des secteurs à fort impact comme l’e-commerce, la banque ou le voyage. Ton site peut être signalé lors d’un audit de routine.
Et ensuite ? (déroulé typique)
En pratique, tu ne reçois pas instantanément une amende “automatique”. L’objectif prioritaire est d’obtenir l’accessibilité, pas de sanctionner à tout prix. Quand un problème est remonté, l’application se fait souvent par étapes :
- Notification de non-conformité. Première étape : avertissement formel. Une autorité nationale te contacte en listant les problèmes d’accessibilité identifiés et en précisant quelles parties de l’EAA ne sont pas respectées.
- Délai de correction. Avec l’avertissement, on te donne un délai raisonnable pour corriger les points remontés. Ce n’est pas la fenêtre jusqu’en 2030 : c’est un délai plus court, ciblé, qui dépend de la complexité des corrections.
- Escalade. Si tu ignores l’avertissement et ne corriges pas dans le délai donné, des pénalités peuvent suivre.
Sanctions possibles
Les sanctions doivent être “effectives, proportionnées et dissuasives”. Concrètement, ça peut prendre plusieurs formes :
- Amendes significatives. C’est la sanction la plus courante. Selon le pays, ça peut aller de quelques milliers d’euros à un pourcentage du chiffre d’affaires annuel. Pour une petite structure, même une amende “modeste” peut piquer. Pour une grosse entreprise, ça peut devenir très élevé.
- Interdiction ou restriction de service. Dans les cas plus sévères, une autorité peut ordonner l’arrêt de la fourniture du service aux consommateurs du pays concerné tant que ce n’est pas conforme. Pour un business en ligne, être bloqué sur un pays entier de l’UE est un choc majeur.
- Retrait de produits du marché. Si tu vends un produit numérique (par exemple un plugin WordPress) jugé non conforme, tu peux être contraint de le retirer.
Il faut aussi avoir en tête que, dans certains États membres et pour des violations répétées ou graves, il peut exister des implications de responsabilité personnelle (voire pénale) pour des dirigeants. C’est rare, mais ça montre le degré de sérieux.
Au-delà du juridique : l’impact réputationnel
Même sans sanction immédiate, l’effet réputationnel peut être très coûteux : être publiquement identifié comme “inaccessible” dégrade la confiance et peut laisser une trace durable. Aujourd’hui, l’exclusion n’est pas seulement un risque de non-conformité : c’est aussi un mauvais signal business.
Pourquoi tout l’écosystème WordPress est concerné (propriétaires, agences, devs de plugins/thèmes)
L’EAA est un texte large, mais ses implications sont très concrètes côté WordPress : la conformité est une responsabilité partagée, parce qu’un site WordPress est une composition (thème + plugins + contenu + intégrations).
Propriétaires de sites WordPress : la responsabilité finale te revient
Si ton site sert des utilisateurs dans l’UE, la conformité n’est plus optionnelle – que tu vendes, proposes un service, ou que tu vises simplement une audience européenne avec tes contenus.
- Tu es comptable du résultat. Les sanctions visent ton entreprise, pas “l’outil” (constructeur, thème, plugin) que tu utilises.
- Chaque point de contact compte. L’accessibilité ne se limite pas à la home : pages produits, formulaires de contact, parcours de paiement, support… tout le parcours utilisateur doit être accessible.
- Les outils tiers comptent. Plugin de réservation, extension e-commerce, form builder… si un outil crée des barrières, c’est ton site qui est en défaut. Le choix des thèmes et plugins devient un acte de conformité.
Autrement dit : l’accessibilité devient une exigence métier, pas une option de confort.
Agences et freelances : obligation de résultat… et opportunité de différenciation
En tant que pro du web, ton rôle est encore plus central : tes clients attendent des sites esthétiques, performants, mais aussi conformes.
- Protéger tes clients. Beaucoup ne connaissent pas les détails de l’EAA ni les exigences techniques. Les guider et construire accessible protège leur activité et ton image pro.
- Se distinguer. Les agences capables de démontrer une vraie expertise accessibilité gagneront des appels d’offres plus compétitifs.
- Adapter le workflow. L’accessibilité doit entrer dans le design, le dev et la QA : choix du thème, sélection des plugins, tests, validation.
C’est typiquement un sujet où “monter en compétence” devient un avantage commercial autant qu’une obligation.
Développeurs de thèmes et plugins : ton code pèse directement dans la conformité
Sur WordPress, thèmes et plugins structurent l’UI. Donc, ce que tu “shippes” influence immédiatement la capacité d’un site à respecter la loi.
- Tu fais partie de la chaîne de conformité. Si ton plugin sort des champs non labellisés, des sliders inutilisables au clavier, des modales piégeuses, tu crées du risque pour tes utilisateurs (propriétaires de sites).
- La demande du marché évolue. Les agences et propriétaires recherchent activement des outils “accessibility-ready”. Documenter sa conformité (par exemple via un Accessibility Conformance Report) devient un argument de vente.
- Risque d’abandon produit. Les outils qui empêchent la conformité seront remplacés. L’accessibilité n’est plus seulement une bonne pratique : c’est une condition d’adoption long terme.
Pour les développeurs dans l’univers WordPress, l’EAA n’est pas un fardeau ; c’est une opportunité de marché. Ceux qui intègrent l’accessibilité au cœur de leurs produits ne seront pas seulement conformes : ils deviendront le choix par défaut d’une nouvelle génération de créateurs pour qui l’inclusivité n’est pas négociable.
Itamar Haim
Le plan d’action : 5 étapes concrètes pour un site WordPress plus accessible
Passer à l’action, c’est souvent ce qui manque : on sait que “ça compte”, mais on ne sait pas par quoi démarrer. Une approche structurée te permet de faire des progrès rapides, visibles, et surtout mesurables.
Étape 1 : auditer ton site (automatisé + manuel)
On ne corrige pas efficacement ce qu’on n’a pas identifié. L’objectif de l’audit est d’obtenir une vision claire de l’état actuel, puis une liste de tâches priorisée. Un audit sérieux combine scan automatisé et tests manuels.
1) Scans automatisés
Les outils automatisés détectent très bien les problèmes fréquents et “codés” : contraste insuffisant, images sans alt, champs de formulaire sans label, etc. Il existe des extensions navigateur et des plugins dédiés. Côté WordPress, l’outil Accessibility Assistant de Ally (Elementor) s’intègre au workflow : il scanne les pages selon WCAG 2.1 AA (le référentiel technique couramment utilisé pour répondre aux exigences de l’EAA) et produit un rapport de violations.
2) Tests manuels (checklist de départ)
Un scan ne sait pas dire si l’expérience “a du sens” pour un humain. Les tests manuels sont indispensables pour repérer les problèmes d’usage.
- Navigation au clavier : est-ce que tu peux parcourir tout le site au Tab ? Accéder à chaque lien/bouton/champ ? Le focus est-il toujours visible (tu sais où tu es) ?
- Tests lecteur d’écran : utilise un screen reader (NVDA sur Windows, VoiceOver sur macOS, TalkBack sur Android). Le contenu est-il compréhensible à l’oral ? Les images sont-elles décrites correctement ? Les liens et boutons sont-ils nommés clairement ?
- Relecture contenu : la structure des titres est-elle logique (H1 puis H2 puis H3) ? Les liens sont-ils descriptifs (ex. “Lire le rapport d’accessibilité complet” plutôt que “Cliquez ici”) ? Le texte est-il rédigé en langage simple ?
À la fin, tu dois obtenir une to-do list priorisée : c’est ton plan d’attaque.
Étape 2 : corriger d’abord les problèmes à fort impact
Tu n’as pas besoin de tout corriger en une fois. Commence par les points qui bloquent réellement le parcours utilisateur et/ou touchent le plus grand nombre de personnes.
Voici des zones “haut rendement” à traiter en premier :
- Texte alternatif manquant sur les images informatives : si l’image porte une information utile, elle doit avoir un alt descriptif pour les lecteurs d’écran. C’est une correction simple et critique.
- Contraste insuffisant : un texte difficile à lire sur son fond est un frein important (notamment pour les personnes malvoyantes). Vérifie avec un contrast checker et vise au minimum un ratio 4.5:1.
- Liens vagues : élimine “cliquez ici”, “en savoir plus”, “lire la suite”. Le texte du lien doit indiquer la destination.
- Labels de formulaires manquants : chaque champ (contact, login, checkout) doit avoir un label correctement associé. Sans ça, un lecteur d’écran ne sait pas ce qui est attendu.
- Accessibilité clavier : tout élément interactif doit être atteignable et actionnable au clavier (pas seulement à la souris).
Ces “quick wins” améliorent immédiatement l’expérience pour beaucoup d’utilisateurs.
Étape 3 : publier une déclaration d’accessibilité
La déclaration d’accessibilité est une page publique où tu annonces ton engagement. C’est aussi un élément attendu dans le cadre de l’EAA. Elle doit être facile à trouver (souvent dans le footer) et contenir :
- Ton engagement en faveur de l’accessibilité.
- Le standard de conformité visé (par exemple WCAG 2.1 niveau AA).
- Les problèmes d’accessibilité connus sur lesquels tu travailles.
- Un moyen de contact pour signaler un blocage (email, formulaire, etc.).
Deux effets positifs immédiats : (1) transparence et bonne foi vis-à-vis des utilisateurs et des régulateurs, (2) création d’un canal de feedback utile pour identifier des blocages réels.
Étape 4 : évaluer (vraiment) tes thèmes et tes plugins
Sur WordPress, ton thème et tes plugins déterminent une grande partie de l’accessibilité. Il faut donc les auditer comme des composants de production.
- Thèmes : privilégie un thème accessibility-ready avec du HTML sémantique propre, une hiérarchie de titres correcte et un support sérieux du clavier. Si ton thème actuel a des défauts majeurs, un changement peut être plus rentable que des correctifs sans fin.
- Nouveaux plugins : avant d’installer, lis la doc et cherche un engagement accessibilité. Tu peux aussi contacter l’éditeur sur sa conformité WCAG. Méfiance sur les plugins très “visuels” (sliders, pop-ups) qui ne se pilotent pas au clavier.
- Plugins existants : fais l’inventaire de ceux déjà en place. Est-ce qu’un module de partage social génère des boutons inaccessibles au clavier ? Est-ce que le form builder crée des champs sans labels ?
La conformité d’un site WordPress, c’est aussi la somme de ses dépendances.
Étape 5 : mettre en place une surveillance continue (maintenance)
L’accessibilité n’est pas un projet one-shot. À chaque nouvel article, nouvelle page produit, mise à jour de plugin, tu peux réintroduire des problèmes. Il faut l’intégrer à la routine de maintenance.
- Checklists de publication : une checklist simple pour les éditeurs de contenu (alt text présent, titres structurés, liens descriptifs, etc.).
- Scans réguliers : planifie des scans automatisés (mensuels ou trimestriels) pour détecter les regressions.
- Outils côté utilisateur : proposer un widget front-end permettant d’ajuster taille de texte, contraste, surlignage des liens, etc. Améliore l’expérience et rend l’engagement visible.
Le but est de passer d’un mode “réactif” (corriger après plainte) à un mode “proactif” (prévenir). C’est le seul moyen d’être durablement conforme.
Conclusion : l’EAA, c’est maintenant – et l’accessibilité dépasse la conformité
La phase “on se prépare” est terminée : l’EAA façonne déjà la manière dont on construit, administre et étend des sites WordPress. Au quotidien, ce n’est pas une histoire de menaces abstraites : c’est un audit, des correctifs prioritaires, une déclaration d’accessibilité, des choix de plugins/thèmes plus exigeants, et une discipline de maintenance.
Et même si la conformité est une nécessité légale, l’intérêt ne s’arrête pas là : un site accessible touche plus de monde, offre une meilleure UX, peut soutenir le SEO et renforce la confiance. L’inclusivité est à la fois une exigence et un bon choix produit.
Points clés à retenir
- L’EAA est en vigueur : depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité est obligatoire pour les sites et services destinés aux consommateurs de l’UE.
- Conformité immédiate vs progressive : tout nouveau service doit être conforme au lancement ; les services existants ont jusqu’au 28 juin 2030, mais doivent démontrer des progrès.
- Application réelle : avertissements d’abord, puis amendes, restrictions, voire retrait de produits en cas d’inaction.
- Responsabilité partagée : propriétaires de sites, agences/freelances, éditeurs de thèmes/plugins… tout le monde contribue.
- Plan d’action concret : auditer, corriger les points à fort impact, publier une déclaration, évaluer ses outils, surveiller en continu.
- L’accessibilité est un avantage : portée, UX, SEO, confiance – au-delà du juridique.
FAQ
1) L’EAA s’applique-t-il à mon petit blog si je ne vends rien ?
Ça dépend du modèle. L’EAA vise les produits et services proposés à des consommateurs dans l’UE. Si ton blog est un hobby sans prestation ni offre, il est probablement hors périmètre. En revanche, si le blog est un outil commercial (ex. tu es consultant et le blog sert ton activité) et que tu cibles/sers des clients dans l’UE, alors oui : la nature commerciale de l’activité est le critère clé.
2) Quelle différence entre l’EAA et les WCAG ?
L’EAA, c’est la loi. Les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), c’est le standard technique qui sert de référence pour atteindre l’accessibilité exigée. L’EAA impose l’accessibilité et s’appuie sur des standards comme WCAG 2.1 niveau AA pour définir le “comment”.
3) Un seul plugin peut-il rendre mon site WordPress 100% conforme ?
Non. Et il faut se méfier des outils qui le promettent. La conformité résulte d’un ensemble : technique, contenu, design. Un plugin peut aider puissamment (scan, rapports, assistance à la correction, génération de déclaration, outils côté utilisateur), mais aucun outil automatisé ne peut tout résoudre. Exemple simple : un scan peut détecter l’absence d’alt text, mais ne peut pas juger si l’alt que tu as écrit est pertinent et exact. Il faut des bons outils et une validation humaine.
4) Je suis basé aux États-Unis, sans présence physique dans l’UE : l’EAA s’applique-t-il quand même ?
Oui, si tu proposes des produits ou services à des consommateurs situés dans l’UE. Le périmètre dépend de la localisation du consommateur, pas de celle de l’entreprise. Si un résident de l’UE peut acheter, s’abonner ou télécharger ton produit/service, l’attente de conformité s’applique.
5) Combien ça coûte de rendre un site WordPress accessible ?
Le coût varie fortement selon la taille et la complexité du site, son niveau actuel d’accessibilité et l’approche choisie. Pour un site simple, l’investissement peut être surtout du temps (apprendre les bases, corriger). Pour un gros e-commerce avec beaucoup d’historique, c’est plus lourd. En revanche, intégrer l’accessibilité dans le workflow dès le départ et s’équiper correctement coûte presque toujours moins cher qu’un gros chantier de remédiation tardif… ou qu’une sanction.
6) Mon scanner automatisé dit “100% conforme” : je suis tranquille ?
Pas forcément. Les scanners sont essentiels mais ne détectent qu’environ 30–40% des problèmes potentiels. Ils repèrent bien les défauts techniques, mais pas des aspects humains : contenu confus, ordre de navigation clavier illogique, alt text inutile, etc. Il faut combiner scans automatisés et tests manuels.
7) C’est quoi une déclaration d’accessibilité, et est-ce vraiment obligatoire ?
C’est une page publique qui décrit ta politique et ton engagement accessibilité. Oui, il en faut une : c’est une exigence attendue dans le cadre de l’EAA. Elle doit notamment indiquer le niveau visé (ex. WCAG 2.1 AA), les problèmes connus en cours de correction, et un contact pour signaler un blocage. C’est un marqueur de transparence et d’effort de bonne foi.
8) Mon thème se dit “accessibility-ready” : ça suffit ?
C’est un bon point de départ, mais ça ne suffit pas. Un thème accessibility-ready offre une base saine (code propre, titres structurés, navigation clavier). Mais l’accessibilité dépend aussi du contenu que tu publies, des plugins que tu installes et des customisations. C’est une fondation, pas une garantie globale.
9) À quelle fréquence faut-il auditer l’accessibilité ?
L’accessibilité est un engagement continu. Un audit complet et approfondi est pertinent tous les 12 à 18 mois, ou après une refonte importante. Mais tu dois intégrer des contrôles plus fréquents : par exemple un scan automatisé chaque trimestre et un check clavier rapide après une mise à jour significative de plugin ou un ajout majeur de contenu.
10) Où trouver des ressources fiables pour apprendre l’accessibilité web ?
Les documents WCAG du W3C sont la référence (mais techniques). Pour des guides plus accessibles : Web Accessibility Initiative (WAI), WebAIM (articles et checklists), et les blogs d’experts accessibilité. Certains éditeurs d’outils publient aussi des ressources pédagogiques, notamment Elementor via Ally.




Références / Sources
Aminata Diallo
Développeuse junior et blogueuse technique. Python et Django sont mes domaines principaux, mais le monde JavaScript m'attire aussi. J'aime écrire des guides pour les débutants.
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